J'étais employée dans une grande banque depuis trois ans quand Rémy a rejoint le service. Son sourire ravageur, sa jeunesse, son dynamisme et son charisme ont tôt fait d'émoustiller toutes les filles du bureau, mariées ou pas, moi y compris (comment ne pas fondre et vibrer face à un jeune homme aussi sympathique et...sexy). C'est connu, dans le secteur public comme dans le privé, les aventures et liaisons sont monnaie courante entre collègues.
A l'époque, j'étais mariée depuis cinq ans à un fervent supporter de foot et de bière. La monotonie et l'ennui étaient les principaux ingrédients de ma vie de couple. Je m'étais mariée beaucoup trop jeune, mon mari n'était plus l'amoureux transi que j'avais rencontré et notre mariage était loin du conte de fées que j'attendais. Quant à "notre vie sexuelle", elle se limitait à une pénétration tous les deux mois, en position du missionnaire, sauf en période de coupe d'Europe ou de coupe du monde où ils ne répondait plus qu'à l'appel du ballon et du houblon. Une bière, ça va, trois bonjour les dégats et en parlant du chiffre trois, les "troisièmes mi-temps" (au comptoir des bars) s'éternisaient jusqu'à l'aube où il rentrait comme d'habitude complètement bourré. Inutile d'essayer d'en tirer quelque chose puis surtout, l'envie n'y était pas, l'envie n'y était plus...
Il n'a pas fallu longtemps pour qu'il me traite d'obsédée sexuelle, tout simplement parce que mes besoins étaient plus importants que les siens. J'avais 20 ans, merde !!! Et j'avais envie de faire plein de choses avec lui. C'est ça le mariage, non ? Ca ne se limite pas à la vie commune, au partage des repas, aux vacances,... Vu son manque d'engouement et ses critiques quand je me faisais demandeuse ("tu ne penses qu'au cul", "tu es vraiment une salope"), j'ai très vite laissé tomber les jeux de séduction et les tenues coquines pour essayer d'en tirer quelque chose. C'était peine perdue et j'en avais assez de me faire insulter alors que je me considérais comme normale à en juger les discussions sexe avec mes amies qui se plaignaient parfois des ardeurs leur mari. Elles étaient heureuses d'avoir leurs règles pour bénéficier de quelques jours de "repos vaginal". Aaaah, mes amies ne se rendaient pas compte de leur richesse...
J'ai très vite sympathisé avec Rémy. Seuls fumeurs dans le bureau, nous passions nos pauses ensemble dans la cage d'escaliers de la banque, pour aspirer la fumée de nos cigarettes en discutant de tout et de rien, des sujets les plus sérieux aux plus délirants. Ce que j'appréciais en lui justement, c'est que nos conversations étaient riches et variées, sans aucun tabou.
Très vite, nous sommes devenus plus que des collègues : des amis. Mon mariage battait de l'aile et je lui confiais mes déboires. A son tour, il me parlait de sa relation avec sa copine, qui se dégradait de plus en plus. Jeune, belle et désirable, elle n'était pas non plus branchée cul et comme moi, Rémy avait des besoins. Je lui donnais des conseils de fille, il me donnait des conseils de garçon, pour vivre au mieux nos moments difficiles mais nous nous rendions bien compte que nous étions "mal accompagnés". Sa copine et mon mari se seraient si bien entendus... alors que Rémy et moi aurions été si heureux et comblés ensemble.
Alors que pour mon mari j'étais devenue insipide, incolore, inodore, bref invisible (et c'était même plus que réciproque, j'éprouvais jusqu'à du dégout vis-à-vis de lui), Rémy ne manquait pas de me faire remarquer que mon nouveau tailleur m'allait à merveille, que ma nouvelle coiffure me rajeunissait, qu'il aimait beaucoup la manière dont je maquillais mes "beaux yeux bleus". Comment ne pas tomber amoureuse d'un homme aussi charmant qui vous prête d'aussi délicates attentions !?!
 | J'étais de plus en plus motivée le matin, pour aller travailler et je n'arrivais plus jamais en retard. J'accordais de plus en plus d'importance à mon image. Je prenais soin de mon corps et je me sentais terriblement bien dans ma peau. Maquillage, coiffure, soins du corps, vêtements, et... lingerie... Bas autoportants, string, bustiers, porte-jarretelles ont élargi ma garde-robe à l'abri de l'indiscrétion et des insultes de mon mari. Je me voulais sexy, avant tout pour moi mais aussi secrètement pour Rémy... |
J'attendais avec impatience chaque pause pour passer quelques instants seule avec lui. Je palpitais chaque fois que son regard croisait le mien dans le bureau. Chaque battement de cil, chaque sourire me rendaient ivre mais je m'en cachais bien, tout au moins j'essayais... Son aînée de quatre ans, je n'aurais jamais imaginé qu'il puisse voir en notre relation autre chose qu'une simple amitié bien que profonde. Puis avec toutes ces femmes en chaleur et ces stagiaires sexy qui lui tournaient autour, je ne faisais pas le poids.
Qui plus est, j'étais mariée et bien que je n'éprouve plus aucun sentiment pour mon mari, je n'aurais jamais imaginé pouvoir le tromper. Il m'a toujours été impossible de mentir. Dès que j'essaie, je deviens rouge comme une pivoine et le timbre de ma voix perd toute son assurance. Il était d'une jalousie maladive. Cependant, je vivais dans mes fantasmes et le rêve n'est pas interdit à ce que je sache.
Plus les jours passaient et plus nous nous rapprochions, Rémy et moi. De l'amitié, de la complicité et d'autres sentiments que je me "refusais" en quelque sorte d'admettre. Outre les pauses, il devenait de plus en plus fréquent qu'il me téléphone du bureau d'en face : le susurrement de sa voix chaude et sensuelle prononçant les mots magiques "tu n'as pas envie de venir en fumer une avec moi incognito...?", me faisait chavirer... Je me sentais en manque de quelque chose que je ne connaissais pas : son souffle sur ma joue, sa bouche sur la mienne, nos corps enlacés. Il était l'homme que je rêvais d'avoir pour mari.
Nous étions vraiment sur la même longueur d'ondes avec des tonnes de points communs, des goûts similaires en tous domaines... Nous nous apportions amitié, soutien, confiance, confidences et chaque instant passé ensemble était un réel bonheur. Les rayons de soleil d'une journée qu'il me peinait de terminer.
Nous nous quittions à 17 heures, dans le parking souterrain de la banque par un tendre baiser sur la joue comme pour nous encourager mutuellement à reprendre le chemin de nos foyers que nous n'avions aucune hâte de retrouver. Je me confiais à lui, il se confiait à moi, et nous n'étions plus heureux au sein de nos couples mutuels. Mais quand ce n'était pas moi qui lui remontais le moral en lui disant que "demain est un autre jour et en lui racontant une blague coquine", c'est lui qui me rendait le sourire (et bien plus...), son bras autour de mes épaules, sa bouche sur mon front en me disant "allez, courage, ma belle, tu es mille fois plus jolie quand tu souris"... Ecoutait-il, comme moi, sur la route du retour nos morceaux préférés, si nostalgiques ou si pleins d'espoir en aspirant nos retrouvailles le lendemain matin ?
J'avais l'impression d'être une adolescente amoureuse pour la première fois. Amoureuse oui mais il y avait en moi bien plus que des sentiments platoniques envers Rémy. Je le désirais. Je n'arrêtais pas de fantasmer et à la maison, la nuit, le jour, le week-end, alors que nous étions loin l'un de l'autre, je ne pensais qu'à lui : je nous imaginais seuls au monde sur une île paradisiaque. Nos corps nus enlacés sur le sable, ses mains sur mes seins, mes hanches, mes fesses, les miennes caressant son dos, ses fesses, son poitrail... Hmmmm son poitrail... Les quelques poils qui dépassent du col de sa chemise quand il déserre sa cravate en fin de journée estivale me rendent toute chose...
J'ai un homme dans mon lit, mon mari, et je fais semblant de dormir en lui tournant le dos pour ne pas qu'il me touche et il n'en marque même pas l'envie ni le souhait. De toute façon, je ne me souviens plus de la dernière fois, c'est tout dire...
Je dors à côté d'un homme et mon seul désir est d'être dans les bras d'un autre, Rémy. Mon petit minou devient chaud et humide...