Gérard m'a une fois de plus abandonnée pour un voyage de quelques jours en Allemagne. Me voilà de nouveau seule pendant trois jours et deux nuits et ça n'est plus pour me déplaire...
Depuis que le sexe a changé ma vie, ma libido travaille à plein rendement ; je m'interroge beaucoup sur moi-même et les autres, je suis très attentive à mes pulsions, à mes fantasmes, je lis énormément : les grands classiques de l'érotisme, le Kamasutra dans ses moindres détails, les écrivains érotiques contemporains,... et je m'épanouis tellement dans ma nouvelle vie, dans ma nouvelle peau de Femme. J'ai l'impression d'être une chenille devenue papillon. Les hommes me sourient, se retournent sur mon passage, certains me sifflent aussi ; c'est à croire que mon nouveau bonheur se lit sur mon visage et sur mon corps devenus plus sûrs d'eux.
Gérard est parti une fois de plus avec sa "secrétaire". Notre vie de couple s'est nettement améliorée depuis ma transformation et il me fait maintenant l'amour très régulièrement ; il a fait quelques efforts pour me reséduire à son tour et ça a relancé notre vie conjugale et notre sexualité de plus en plus épanouie. Malgré tout, je sais qu'il y a encore quelque chose entre sa secrétaire et lui ; je sais que dès qu'ils en ont l'occasion, lors d'un congrès ou d'un séminaire, il y a encore des attouchements, des rapprochements, des actes et des jeux sexuels... Elle se doute que je ne suis pas dupe de leur liaison mais peu m'importe, depuis ma révélation sexuelle, je souhaite moi aussi profiter de l'opportunité d'éxpériences parallèles éventuelles qui pourraient se présenter. La vie est trop courte pour tout le monde et j'ai du temps à rattraper par rapport aux frasques de mon mari.
Je décide donc en cette matinée ensoleillée de me balader dans les rues de Paris et d'en profiter pour faire un peu de shopping, à la recherche d'une jolie paire de bas, d'une robe sexy et de nouveaux dessous chics et chocs à ajouter à ma garde-robe coquine. Je pénètre dans la bien sympathique boutique "Voiles de Nuit" et là, c'est le coup de foudre : mon choix se porte sur un superbe ensemble : un redresse-seins coordonné au shorty en velours rouge, ornés de jolis laçages blancs et de fourrure blanche ; la tenue parfaite pour Noël qui approche. Je m'enquiers bien sûr d'essayer les longs gants assortis en soie blanche et, dans le miroir de la cabine d'essayage, je ressemble à une coquine diva.
J'admire mes seins aux voluptueux galbes rehaussés par le soutien-gorge et des envies envahissent mon bas-ventre. Longuement, je m'observe dans ce grand miroir et je me trouve terriblement belle et sexy ; je me désire. Mon majeur droit pénètre le velours du coquin shorty en quête de mon clitoris pendant que les doigts de ma main gauche s'humectent de salive pour caresser mes seins en s'attardant aux tétons durcis. J'ai envie de sexe, j'ai besoin de sexe, là, maintenant, tout de suite.
Je me plais ; ma décision est prise, j'achète l'ensemble et je décide de le porter sous mon vison en glissant à l'oreille de la vendeuse qui emballe le tailleur que je portais en entrant que je veux faire une surprise à mon mari. D'un sourire complice, elle me propose une paire de bas de soie blancs avec une superbe broderie.
Je quitte la boutique et m'enfonce dans les rues de Paris,resplendissante et excitée ; j'ai envie de séduire et d'être baisée. Le fait de me savoir en lingerie sous mon vison renforce mes envies et je scrute chaque passant mâle à la quête d'une belle proie. Que m'arrive-t-il encore ? Je n'ai pas envie de me poser trop de question et me laisse aller à mon profond désir.
Après 20 minutes de voyeurisme, mon regard croise les superbes yeux verts d'un Prince du Désert contemporain : de grande taille, plus ou moins un mètre 90, ses cheveux sont coupés plus que courts, son teint basané illumine son regard et sa bouche aux lèvres bien dessinées, entrouverte lorsque nous nous croisons, révèle des dents éclatantes. Il a le look des "bad boys" de la rue, ceux que l'on voit dans les clips à la télé, mais il est loin d'avoir l'air méchant. Ses traits sont très doux et ses larges épaules ont plutôt à mon sens un côté protecteur. J'irais bien m'y blottir, surtout dans ce quartier. De plus, il semble avoir de superbes fesses... Ce garçon n'a pas trente ans, nous avons des styles opposés mais il me plaît ; je décide de le suivre.
Je fais donc demi-tour discrètement pour le pister dans les rues commerçantes tout en m'interrogeant sur la façon dont un jeune arabe typé, plus que séduisant, fait l'amour à une femme et mon désir se fait de plus en plus vif. Il y a tellement de choses que je souhaite découvrir... Il entre dans un magasin hi-fi. Que faire ? Il faut que je trouve vite quelque chose, que j'improvise ; c'est l'occasion, rêvée quoi qu'un peu simpliste, de tenter une première approche. En quelques secondes, il faut que j'arrive à le séduire, à maintenir son regard sur moi et à lui inspirer le désir. Allez, je fonce. Personne ne me connaît dans ce quartier, je n'ai rien à perdre après tout. Si je me fais ridiculiser, je prendrai mes jambes à mon cou et n'y remettrai plus les pieds.
Etrangement et inhabituellement impulsive, je me laisse aller à mes instincts de femelle en chaleur ; je ne me reconnais décidément donc plus. Je le bouscule "distraitement" en laissant tomber mon sac à ses pieds ; le contenu s'en répand, ce qui lui laisse le temps, tandis que je me baisse pour récupérer mes objets personnels, de découvrir une partie de ce que cache mon vison, des bas autorportants, un morceau de tissu rouge et le creux de mes seins joliment galbés.
Il reste un moment immobile en m'observant, puis il s'accroupit face à moi pour m'aider à ramasser mes effets, son profond regard vert plongé dans mon décolleté. Ma main frôle volontairement la sienne tandis que je le fixe. Il m'observe en silence, le regard inquisiteur et je pose mon index ganté sur mes lèvres rouges pour laisser s'échapper un léger souffle "chutant" en souriant.
Son visage n'est qu'à quelques centimètres du mien ; il saisit ma main et m'entraîne avec lui dans le dédale des rayons à la quête d'un petit coin moins fréquenté.
- Tu es bien franche d'entrer ici dans cette tenue. Si la patronne te voit, elle va te foutre dehors. Tu es une pute de luxe ou quoi ?
- J'apprécie ton "de luxe"...
- Y a de quoi se poser des questions quand ton manteau s'entrouvre.
- Tu t'es presque posé la bonne, je suis escort-girl.
Stupéfaite de ma réaction et de ma répartie, je m'étonnais de n'avoir point balbutié et au vu de ses réactions, je semblais plus que crédible.
"Chuuut, ne dis rien... Suis-moi..." lui dis-je en posant mon index à présent sur ses lèvres.
Je lui pris la main pour l'emmener sans mot dire à ma voiture, garée dans un parking souterrain non loin de là.
Il obéissait, il ne disait rien et se laissait guider par moi en silence. Un étrange sentiment m'envahit à l'idée que ce jeune et beau mâle soit soumis à mes désirs ; ça ne collait pas trop avec son image de bad boy et c'est ça qui m'excitait : l'allumer, le chauffer, laisser plâner le mystère autour de nous et lui ordonner de me faire ce dont j'avais envie.
Je l'invitais à monter à mes côtés sur la banquette arrière de ma BMW série 7 flambant neuve.
- Putain, la caisse... ça paie bien d'être escort !
- Je ne le fais pas pour le fric, je le fais par le plaisir...
- ...Une vicieuse en plus...
Je replaçais mon index sur ses lèvres en lui imposant le silence et en le sommant de me "brouter le minou". Heureusement qu'il avait la tête plongée en direction de mes seins ; il ne me vit pas rougir en proférant de telles paroles... Je n'avais jamais osé parler comme ça... encore moins à un inconnu...
Mais justement, ça me semblait tellement plus facile. Il ne savait rien de moi, ni mon nom, ni mon âge, ni mon adresse ; il ne connaissait rien de mon passé, de mon présent et de mon futur, ce qui me permit de devenir n'importe qui, de créer le personnage que je souhaitais incarner en ce moment-même et surtout, nous ne nous reverrions jamais, parce que je ne voulais rien savoir de lui, je ne voulais même pas le connaître. J'avais juste envie à cet instant précis, qu'il me procure du plaisir, dans ma voiture, selon mes volontés.
Après tout, j'étais pour lui une escort girl et je n'étais pas censée coucher mais tenir compagnie à des hommes de pouvoir. Quelle opportunité c'était pour lui de faire un cunnilingus à une escort, gratuitement, tout simplement parce qu'elle en avait envie.
J'avais osé lui donner un ordre et il s'était accompli. Mes lectures coquines avaient inconsciemment déluré ma libido et je m'étais soudainement transformée en dominatrice, comme par un coup de baguette magique. J'appréciais énormément ce sentiment de puissance j'imposais à ce jeune inconnu et j'étais beaucoup plus excitée par la spiritualité de l'acte que par les mouvements de sa langue qui explorait mon clitoris et mon vagin. Je me sentais belle, forte, adulée, respectée, j'avais l'impression d'être une reine. Je m'étais défiée par des paroles et des actes que je n'aurais jamais osé imaginer un jour et je rayonnais, du plus profond de moi.
Je jouissais également de l'avoir laissé croire que j'étais en sorte une professionnelle de la séduction et du plaisir tandis que c'était à lui de jouer pour moi le rôle de l'escort en explorant mon intimité pour me mener à l'orgasme. Je n'avais étrangement plus ce désir de le toucher, de l'embrasser, de caresser sa peau ; tout ce qui m'importait à présent était qu'il se contente de continuer à me lécher jusqu'à l'orgasme alors que je l'observais fixement, sa tête entre mes cuisses, ses mains aggripées à mes fesses, son corps vibrant, excité au contact d'une femme belle, riche, sexy, sûre d'elle, perverse et inaccessible pour lui dont il pouvait exceptionnellement ce à quoi elle l'avait autorisé.
Il n'essaya même pas de faire autre chose que l'ordre que je lui avais donné. En attendait-il un autre ? Souhaitait-il uniquement ce que je voulais ?
Mon orgasme fut spécial, différent, grandiose, excellent... J'avais l'impression que mon âme avait quitté mon corps pour observer de haut le scénario que j'avais décidé.
Le bad boy n'avait à aucun moment sorti son sexe de son pantalon ; il attendait peut-être que je le lui ordonne ou peut-être avait-il senti que je ne le souhaitais pas. Toujours est-il que lorsque j'atteins le plus haut point du plaisir, un long gémissement s'échappa de sa bouche trempée par ma liqueur : il avait joui de mon plaisir, à l'instant le plus ultime de mon orgasme et sa semence abondante transperçait la toile de son pantalon.
Après quelques instants, je mis de nouveau mon index ganté sur ses lèvres en lui murmurant "chuuut". J'ouvris la portière, sortis de la voiture et le somma du regard d'en sortir prestement. Il posa à son tour son index sur mes lèvres rouges et nous murmurâmes ensemble un long "chuuuuuuuut". Il avait compris ma volonté de mettre un terme définitif à ce moment étrange écoulé, cet instant de grâce et de souveraineté qui m'avait élevé au rang de Reine ou de Déesse.