La nymphomanie et le satyriosis (équivalent masculin de la nymphomanie) sont généralement considérés comme des paraphilies consistant en pulsions, fantasmes et comportements persistants impliquant la recherche incessante et effrenée du plaisir sexuel impossible à satisfaire.
Ainsi, l'appétit sexuel des nymphomanes et satyres, même s'ils ont dix rapports sexuels par jour, n'est jamais assouvi et nécessite le besoin de plusieurs partenaires.
Or, il ne s'agit absolument pas de "fureur érotique" ; la nymphomanie et le satyriasis sont de réelles maladies qui désignent plutôt un état morbide très grave, résultant de lésions au niveau des organes génitaux ou des centres nerveux. Une importante accélération du rythmes cardiaque est également constatée (150/min).
Il existe deux formes de pathologie :
- Forme chronique :
Moins dangereuse, il s'agit dans ce cas d'une excitation sexuelle exagérée.
- Forme aiguë :
Souvent accompagnée de fièvre, la pathologie aiguë évolue très vite (plus ou moins une semaine) et conduit dans la plus part des cas à la démence ou à la mort.
Si le satyriosis est plus rare (à noter que le comportement est plus violent chez les hommes), on a constaté lors de l'autopsie de plusieurs femmes atteintes de nymphomanie aiguë des lésions importantes telles la congestion des organes génitaux mais encore des thromboses sinusales et des lésions méningées.
Un comportement nymphomane a aussi été constaté chez certaines génisses ; le seul traitement efficace serait de pratiquer une ablation des ovaires.
Au XIXème siècle, un sexologue allemand, Kraft Ebing, reconnaît la nymphomanie en tant que maladie et certains médecins de l'époque n'hésitent pas à soigner les malades avec des traitements violents : interventions mutilantes au niveau des organes génitaux (excision), internement, bannissement de la société.
Les psychiatres contemporains voient plutôt la nymphomanie ou le satyriosis comme un trouble psychologique et des troubles de la personnalité induisant une souffrance importante qui provoque une forte dépendance vis-à-vis du sexe, une addiction au même titre que l'alcoolisme ou la toxicomanie.
Ils proposeront aux patient(e)s une prise en charge psychothérapeutique ainsi qu'un traitement sédatif.
Il n'est donc absolument pas fondé d'appeler subjectivement "nymphomane" une femme qui change souvent de partenaire ou qui ne s'engage que dans des relations de courte durée, d'autant plus qu'un homme qui agit de la sorte sera appelé de manière bien valorisante un "don juan". Et l'égalité des sexes alors !!!