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Conseilsexe .: Histoires érotiques .: Le château libertin (à suivre) .: 11. Le fantôme du château libertin

11. Le fantôme du château libertin



la femme fantôme

Par une chaude nuit d'été, dans la moiteur des draps, Jean-Sébastien se tournait et se retournait sans cesse, seul au milieu de ce grand lit qui semblait lui brûler le corps.  Eloïse était à Paris, le personnel endormi et on n'entendait au loin que le chant des cigales amoureuses.  Une nuit d'insomnies comme tant d'autre quand sa femme ne dort pas à ses côtés... 

Plutôt que de chercher le sommeil en vain, Jean-Sébastien se mit à errer entre les murs de son vaste château.  Il se rendit à la cuisine pour se rafraîchir et plutôt que de se servir un verre d'eau, il choisit ce soir-là une liqueur de poires.  Il saisit la bouteille dans le frigidaire et la porta à son torse brûlant.  Etait-il fiévreux ?  Les gouttelettes d'eau sur le verre givré ruisselaient sur son corps doré, lui procurant d'agréables sensations... 

A travers les vitraux à croisillons de la fenêtre, il crut voir les lueurs de bougies dans le patio.  Il avait décidé de dîner seul au salon ce soir-là et Kitty était montée se coucher juste après la fellation du dessert.  Il l'avait suivie de peu et il était sûr que tout était éteint. 

Singalé était certainement redescendu faire l'amour à la romantique à l'une ou l'autre des soubrettes, comme ça lui arrive parfois quand il a le mal de son pays, et il avait oublié de souffler les bougies en remontant.  La pleine lune... et Eloïse qui lui manquait...

Il saisit son verre en cristal rempli d'eau-de-vie et décida de le déguster au patio puisqu'on semblait l'y inviter...  Plusieurs bougies étaient allumées aux alentours de la vieille cheminée de pierre dont ils se servaient fréquemment pour des barbecues libertins. 

Il s'installa confortablement dans l'un des fauteuils en osier pour savourer son verre en s'imprégnant de cette ambiance particulière.  Un coussin sous la nuque, il se mit à observer le tapis d'étoiles qui scintillaient dans le ciel sombre.  Quel calme, quelle quiétude...  Juste les étoiles, la nuit et les cigales...  Qu'il est loin le brouhaha de Paris...

La luminosité des étoiles lui fit tourner la tête et il but une gorgée de son nectar.  Il sentit sur son corps nu un léger souffle rafraîchissant.  Il n'y a pourtant jamais de vent dans le patio, il est emmuré ! 

La délicieuse petite brise avait fait frémir les flammes des bougies.  Le regard de Jean-Sébastien fut attiré sur la cheminée ou plutôt dans la cheminée : le corps d'une femme se dessinait sur les vieilles pierres.  Illusion d'optique ? Fatigue ?  Vapeurs d'alcool ?  Jean-Sébastien se frotta les yeux pour éclaircir sa vue trouble. 

Une femme était bel et bien allongée dans la cheminée !  Les reflets des étoiles et des flammes masquaient son visage mais elle était très légèrement vêtue et il ne reconnut pas ce corps qu'il distinguait pourtant très bien.

Comme pour se donner du courage face à cette situation étrange, il rebut une gorgée d'eau-de-vie et faillit même s'étrangler.  Il ferma les yeux, toussa la tête en arrière et sentit deux mains caresser son corps. 

Il avait très chaud et les caresses de ces mains rafraîchissaient sa peau brûlante.  Un doigt se posa sur sa bouche et une voie douce avec un léger écho lui murmura à l'oreille : "ferme les yeux"...

Il obéit, ne dit rien et garda les paupières fermées, s'offrant totalement à ce corps étranger qui semblait faire baisser sa fièvre.  Il se laissa aller aux voluptueux baisers et aux sensuelles caresses de l'inconnue du patio qui fit l'amour à chaque parcelle de sa chair. 

Le moindre de ses gestes apaisait les tensions qui étaient en lui pour le vider de ce feu qui l'avait pris et il continua à se laisser aller sans se poser de questions.  Il n'avait plus les idées suffisamment en place pour cela d'ailleurs... 

Elle s'empala sur lui, sa douceur devenant un peu plus sauvage.  Femme mystérieuse...  Femme animale...  Le corps de Jean-Sébastien se mit à vibrer au fur et à mesure des "va-et-vient" de sa cavalière.  Il frissonnait de plaisir... 

Il saisit ses fesses et la toucha de ses mains pour la première fois ; le contact fut plus qu'étrange et les paumes de Jean-Sébastien semblaient fumer...  Il en retirait néamoins une sensation de plaisir intense, jusqu'alors inconnu.

Il caressa ce corps mystérieux sur toute sa surface, les yeux toujours fermés.  Chaque fois qu'elle empalait ses profondeurs sur son sexe gorgé de plaisir, il ressentait la légère et douce brise l'envahir...  Sa tête tournait. 

Le souffle de l'inconnue couvrait de plus en plus le chant des cigales et il vascillait dans un tourbillon de douce et agréable moiteur. 

Il ouvrit subitement les yeux au ciel, le visage figé sur les étoiles.  Un bien-être majestueux l'envahit...  L'orgasme...

Il fut réveillé dans la moiteur du lit conjugal par un doux baiser.  Il reconnut le parfum de son épouse, ouvrit les yeux et lui sourit, encore tout étourdi.  Elle était assise sur le bord du lit et portait la jolie robe bleue légèrement transparente sous laquelle il adore glisser une main... ce qu'il fit, heureux de la retrouver.

Légèrement fébrile, Jean-Sébastien avait la latte ce matin-là mais ses idées étaient confuses.  Avait-il rêvé ou tout simplement "cuvé" ?  Une chose est sûre, il avait eu de la température.

Ils firent l'amour avec passion et après une bonne douche et un copieux petit-déjeûner, il fila au grenier pour fouiller dans les archives du château...




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