Chloé :
Maîtresse Elvira of the Darkness, bien le bonjour à toi et bienvenue sur Conseilsexe.
Maîtresse Elvira of the Darkness :
Bonjour Chloé, merci pour ton invitation. Je me ferai un plaisir de répondre à tes questions car le BDSM est ma passion.
Chloé :
J’ai pu voir de splendides photos de toi dans le magazine libertin SM-fétichiste « CDF-Mag - Coup de Fouet » (dont ton compagnon est le rédacteur en chef), édition de septembre 2003, dont tu fais la couverture à l’époque sous le nom de Maîtresse Elsa Sévère. On y trouve non seulement du fétichisme mais aussi du sadomasochisme, terme qui fait peur à beaucoup de gens qui y voient de la souffrance, des coups et de l’humiliation. Peux-tu nous donner TA définition du sado-masochisme et nous en expliquer les pratiques ?
Maîtresse Elvira of the Darkness :
La relation sadomasochiste est une relation érotique de confiance entre deux ou plusieurs partenaires : entre le dominant, qui inflige la douleur, et le (les) masochiste(s) qui la subit (subissent) en y trouvant du plaisir.
Il existe plusieurs types de SM mais dans chaque pratique, le respect est la valeur la plus importante, le respect des limites du (des) soumis et le respect de la personne dominante.
De plus, sans confiance l’un en l’autre, la relation est impossible ou ratée.
Les différentes pratiques du SM sont :
- L’humiliation et la domination cérébrales
- La domination physique à l’aide des mains (gifles, fessées, …) et d’instruments tels que fouets, cravaches, pinces, …
- La domination sexuelle : rapports sexuels en complément d’autres dominations.
Les pratiques parallèles et en symbiose avec le SM sont :
Le fétichisme,
c'est l’adoration d’une matière particulière ; vêtements en vinyle, en cuir, en latex, …,
et/ou d’une certaine partie du corps ; les pieds, les mains, les seins, les fesses, …,
et/ou d’objets à connotation particulière tels que bottes du dominant, gants, lunettes, cigares, cigarettes avec porte-cigarettes …
et/ou d’un type de lingerie précis ; bas auto-portants, porte-jarretelles, guêpière, ….
Le fétichisme s’étend aussi au style d’habillement ; un vêtement fétichiste est en matière vinyle, en cuir, en latex, ainsi que la tenue en général ; bottes fétichistes, coiffure fétichiste, costumes d’infirmière, de soubrette, de policier, etc.
Un homme se travestit en femme dominante ou soumise.
Le bondage consiste à immobiliser quelqu’un, à entraver ses mouvements à l’aide de cordes ou de chaînes.
Personnellement, je pratique la domination cérébrale et physique ainsi que le bondage sans rapports sexuels (ceux-ci reliés au film culte « Histoire d’O »).
De par son rang d’infériorité dans le jeu BDSM (bondage domination sadomasochisme), l’esclave ne mérite pas de bénéficier de ce genre de récompense. La seule qu’il peut recevoir est nettoyer mes bottes et avoir l’autorisation de continuer à me servir.
Ma vision de la relation SM se tient à ce que le soumis n’a pas le droit de toucher sa dominatrice ou d’être caressé par celle-ci.
Si le terme SM fait peur aux gens, c’est parce qu’il est méconnu, parce c’est une pratique sexuelle très particulière et parce le cercle de ses pratiquants est très fermé ; nous ne tolérons pas d’intrus lors de nos séances BDSM.
Nous sommes par ailleurs à la disposition des personnes qui seraient intéressées et qui osent – bien souvent – difficilement franchir le pas.
La personne soumise a beaucoup de plaisir à se donner complètement à la personne dominante. C’est une relation de dévotion. Elle prend plaisir dans la souffrance, morale et/ou physique, dans le statut d’infériorité qu’elle adopte et à vénérer son Maître ou sa Maîtresse, à lui obéir, à souffrir pour le (la) satisfaire.
La personne dominante trouve son plaisir dans son statut de supériorité, dans le fait de donner des ordres et de la souffrance, cette dernière qui est en réalité un plaisir pour le soumis.
En temps que Dominatrice, aux yeux de mes esclaves, je suis une Déesse, une Maîtresse dure, sévère et autoritaire. Me servir et me satisfaire sont pour eux autant un défi qu’une passion.
Les différentes relations que j’entretiens avec mes esclaves comportent des nuances dans la dureté psychologique ou physique d’un ou d’une de mes soumis-soumises par rapport aux autres, selon ce qui nous apporte le plus de satisfaction l’un à l’autre. Une relation SM n’est jamais la même entre ses partenaires, c’est pourquoi elle est tellement riche.
Ma domination est qualifiée de « hard » car elle est très poussée dans la souffrance d’autrui.
En Belgique et en France, je suis reconnue en tant que Maîtresse très dure et sévère.
J’apprécie davantage les relations de longue durée car bien connaître son ou sa soumis-soumise est un plus pour vivre une relation SM passionnante.
En ce qui concerne la publication de mes photos dans le magazine « CDF MAG – COUP DE FOUET » consacré au libertinage ainsi qu’au monde fétichiste et sadomasochiste belgo-français, il s’agit de la représentation de la marque de bijoux fétichistes en métal « Le Marquis » pour qui je suis mannequin.
Je me prénommais à ce moment « Elsa Sévère » avant de rencontrer une plainte de la part de Maîtresse Elsa française pour copie du nom !
Un prénom n’étant pas une marque… j’ai changé de nom afin de ne donner aucune chance de reconnaissance à ce type d’accusation…
Chloé :
Fétichisme et sado-masochisme sont-ils des fantasmes que tu as voulu mettre en pratique ?
Maîtresse Elvira of the Darkness :
Il ne s’agissait pas d’un fantasme car j’ai ce penchant dominateur en moi.
Il s’est exprimé de plus en plus dans ma personnalité pour devenir un grand plaisir érotique, une réelle passion et enfin une façon de vivre.
Cette partie de ma personnalité s’est révélée pour la première fois en l’an 2000 dans une relation éphémère avec un homme.
Mon caractère féministe était par contre présent depuis bien plus longtemps. Les femmes sont pour moi supérieures aux hommes.
Je retranscris cette pensée féministe dans ma domination sur les hommes.
Ma passion pour les tenues fétichistes s’est aussi amplifiée au fil du temps à partir de l’an 2000.
Chloé :
On retrouve sur tes photos un côté très artistique et théâtral. .Serait-ce avant tout du sexe cérébral ?
Maîtresse Elvira of the Darkness :
Le fétichisme est en effet un art… de s’habiller, de se coiffer, de se maquiller, de se chausser, …
Le côté théâtral que tu perçois sur mes photos représente en réalité mon statut de dominatrice.
Mes postures, mon regard, mes expression sont ceux d’une Maîtresse.
J’incarne la supériorité et le pouvoir.
Mon regard est hautain, mon visage reflète la sévérité et la fierté.
Le SM sans sexe est cérébral chez le dominateur. Il provient de sa position de puissance et des gestes qui induisent la douleur sur son esclave ainsi que des paroles qui l’humilient.
Chez la personne soumise, la douleur, l’humiliation, l’entrave, sont une source de plaisir mental et physique. Le masochiste prend du plaisir par la douleur et la souffrance.
N’oublions pas que dans le « sexe habituel », le plaisir provient aussi du cerveau dont la zone de plaisir est reliée aux zones érogènes du corps.
Chloé :
Fétichisme et sado-masochisme sont des pratiques sexuelles appréciées par une certaine catégorie de la population (selon la situation sociale, familiale, intellectuelle ou une tranche d’âge) ?
Maîtresse Elvira of the Darkness :
Malgré qu’elle puisse t’étonner, la réponse est négative.
Il y a une vingtaine d’années, le SM était chose courante parmi les nantis de la société.
Actuellement, le SM est une pratique rencontrée dans toutes les classes sociales, les tranches d’âge, ect.…
Nous rencontrons des hommes soumis de plus en plus jeunes, d’une vingtaine d’années.
La majorité sont des couples entre 30 et 50 ans.
Les dominatrices de notre époque commencent leurs pratiques à un âge plus précoce qu’auparavant.
Les femmes soumises sont très rarement célibataires.
Leurs Maîtres sont en réalité très souvent leurs maris.
Les couples recherchent d’autres soumis/soumises ou dominateurs/dominatrices pour étoffer leur relation ou effectuer un échange des partenaires.
Les hommes travestis sont de plus en plus nombreux, preuve que beaucoup d’hommes ont besoin d’affirmer leur part de féminité sans être homosexuels pour autant.
Chloé :
Quel a été ton parcours sexuel jusqu’à aujourd’hui : quand as-tu eu envie de faire du SM ? Tu as fait des études d’infirmière ; c’est tout à fait contradictoire avec le sado-masochisme et ton rôle de Maîtresse ; Mais Maîtresse Elvira fut aussi photos-modèle, au prix de lourds efforts physiques pour obtenir un corps de rêve…
Maîtresse Elvira of the Darkness :
Merci ! Je pratique effectivement 3 heures de musculation par jour, je mange très sainement et équilibré.
J’ai toujours été une femme très libre d’esprit en réalisant toujours mes désirs (je suis aussi bisexuelle…).
Dès que j’ai eu envie de pratiques SM, je ne me suis pas posé de questions. Je me suis donc lancée directement.
Ma formation d’infirmière n’est pas anodine, contrairement à ce que tu penses…
Le patient a une forme de dépendance vis-à-vis de l’infirmière et subit les soins de l’infirmière, souvent douloureux… Il a donc une position de soumis !
D’ailleurs, le fantasme sadomasochiste de l’infirmière et de son patient est très souvent pratiqué.
Un bon donjon se doit de contenir une pièce médicale où le soumis se trouve entre les sévères mains de la Dominatrice incarnée en infirmière !
J’ai été effectivement photos-modèle avant de devenir Dominatrice.
Je suis actuellement photos-modèle uniquement fétichiste.
Je suis également exhibitionniste et je le perpétue en dominant mes soumis et soumises lors de soirées SM et d’exhibitions publiques comme les foires érotiques.
Chloé :
Quelle est la façon dont toi tu considères tes esclaves ?
Maîtresse Elvira of the Darkness :
Cela dépend du type de domination que j’effectue.
Quand je pratique l’humiliation psychologique et la domination physique sur des hommes, je considère réellement ces esclaves comme des moins que rien. Je ne domine pas les hommes qui ont dans leurs limites la domination cérébrale. Mes soumis-hommes sont tous des minables pour moi. Ce sont des sous-hommes à mes yeux. Le respect est néanmoins toujours présent car ils souhaitent que je les considère de cette façon.
Mes soumises sont inférieures à ma position mais je les humilie moins sévèrement que les hommes. Certaines ne sont soumises qu’à la domination physique, suivant leurs limites personnelles.
Ma soumise attitrée est en réalité un travesti qui se sent davantage être une femme qu’un homme. Elle déteste les hommes et considère que les femmes sont des entités supérieures et divines.
Chloé :
Comment se déroule une « séance de sadomasochisme » ? Il y a débat au préalable entre les participants sur le scénario, la mise en scène, le rôle de chacun ? Qui définit les rôles ?
Maîtresse Elvira of the Darkness :
Une discussion entre le dominant et le soumis précède toujours la séance SM.
Le dominant décrit ses pratiques et le soumis délimite ce qu’il est capable de supporter.
Les participants de la séance SM se mettent d’accord sur les pratiques qu’ils vont effectuer et sur les règles qu’ils vont établir.
Le soumis peut proposer humblement un scénario, une mise en scène, une séance médicale, une exhibition publique et c’est le dominant qui décide.
En général, c’est le dominant qui impose une séance particulière tout en veillant à ce que les limites de son esclave soient respectées.
En soirées, le statut de chacun est représenté par la tenue et le port de certains accessoires.
Les esclaves sont plus couramment davantage dénudés et portent un collier et/ou des menottes de soumis.
Les Maîtres et Maîtresses tiennent souvent un fouet à la main ou le portent à la taille.
---voir suite---
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