 | Plutôt que d'aller faire les soldes à Bruxelles ce week-end, nous avons décidé, mon ptit chéri et moi, d'aller jusque Amsterdam, histoire de nous dépayser un peu. C'est une ville que nous apprécions énormément, dans laquelle on se sent parfaitement à l'aise. Toutes générations et tous styles s'y confondent sans se reluquer, sans se juger et si quelqu'un vous vous dévisage, c'est sans aucun doute qu'il s'agit d'un touriste.
Et pour preuve : il y avait énormément de monde dans la rue commerçante cet après-midi-là quand mon regard croisa un beau black, grand, mince, très soigné et hyper chic avec un look à la Geneviève de Fontenay (chapeau, sac à main et chaussures coordonnés). Il est différent, et alors ? Il paie ses taxes comme tout le monde et il a les mêmes droits que quiconque. |
Alors que j'admirais sa différence et sa manière de l'assumer, il passait totalement inaperçu pour les hollandais et hollandaises en courses. Ce ne fut pas le cas de deux touristes qui, à mon grand étonnement le filmaient dans la rue (et m'ont par la même occasion, filmée à mon insu), le sourire et le rire au lèvres. Deux jeunes hommes agés de 25 ans environ.
Ils parlaient français évidemment et n'avaient absolument pas l'air de former un couple comme les autres gays hollandais pas du tout tantouzes, au look de jeunes cadres dynamiques qui assument pleinement leur choix de vie et y ont droit; les gendres idéaux quand on les croise séparément...
Choqués par le manque de tolérance de ces deux touristes ridicules s'imaginant sans doute face à un phénomène de foire, nous décidons de quitter les rues commerçantes qui nous saoulent pour rejoindre le Quartier Rouge, le "Red Light District" ou quartier chaud mondialement connu de cette jolie Venise du Nord. Libertins, nous apprécions nous y balader pour faire le tour des sexshops sans oublier de passer chez Absolute Danny, l'incontournable boutique fetish-SM.
Je ne peux m'empêcher d'observer, de toucher, de rêver à ces tenues en latex rouge et noir, à ces petits costumes sexy d'infirmière, de policière ou de soubrette, à ces chaussures et ces accessoires magnifiques, dans lesquels je m'imagine m'exhiber pour le plus grand plaisir de mon ptit chéri. Hmmm, soyons raisonnables ; ces splendides tenues ne se paient pas avec un clou et les finances sont un peu à sec en ce moment... Une prochaine fois il y aura et ce sera l'occasion de revenir dans cette ville où le sexe est omniprésent.
Ainsi, entre un coffee-shop et une boutique de prêt-à-porter, il n'est pas rare de tomber nez-à-nez avec des sex toys, de la lingerie sexy et des DVD en tous genres (zoophiles y compris : j'ai peu de tabous mais là, je suis quand même un peu outrée...). Bien sûr les enfants accompagnés de leurs parents passent devantr ces vitrines mais ils ne semblent guère y accorder la moindre attention. Les moeurs sont différentes au pays du Gouda, beaucoup plus libérées. Sex and drugs existent et plutôt que de réprimer, la Hollande éduque et contrôle. Non les coffee shops ne sont pas uniquement fréquentés par des toxicomanes. La direction veille au grain... On y voit entrer des gens comme vous et moi, jeunes et moins jeunes, entre amis ou en couples.
Idem pour le sexe ! Egarés entre les rues aux néons rouges, notre distraction nous entraîne dans des petites ruelles étranges que nous ne connaissions pas. Il est 17h30. De ruelles en ruelles, de plus en plus étroites aux vitrines qui nous séparent des péripatéticiennes, nous nous mêlons à la foule. On se croirait dans une véritable fourmillière : nous croisons dans un silence presque religieux des dizaines de silhouettes mâles de tous âges ; la vingtaine, la trentaine, la quarantaine, la cinquantaine, la soixantaine même, toutes les générations masculines s'entremêlent à la quête, oui mais à la quête de quoi ? De nombreux voyeurs certainement et de futurs clients à la recherche de LA fille qui leur donnera un peu de plaisir en échange de quelques billets.
Certains rideaux épais en velours bordeau sont fermés ; les "putains d'Amsterdam" ont de la visite ou elles se préparent à recevoir leur futur client. Ceux qui sortent après "avoir tiré leur coup" se font discrets, tête baissée, et quittent rapidement les lieux pour se fondre dans la foule "normale". La plupart des clients sont assez jeunes : la vingtaine.
J'observe attentivement celles qui attendent celui, ou plutôt ceux, qui leur permettront de gagner leur croûte ce soir. Noires, asiatiques, blondes, brunes, rondes, grosses, minces, seins menus et poitrines opulentes et généreuses, il y en a pour tous les goûts.
La plupart d'entre elles font comme si elles ne nous voyaient pas, en ligne avec je ne sais qui sur leur portable. Certaines matures ont le regard triste et vide. Je ressens de la pitié et de la tristesse pour elles et je les regarde avec un sourire de compassion. Les plus jeunes ont par contre tendance à être plus prétentieuses, je dirais même plus : pétasses, ce qui ne me donne absolument pas l'envie de faire leur connaissance : celles-là sont très belles et elles le savent. Leur regard est dédaigneux.
Dans ce dédale de ruelles étroites où parfois les corps se touchent, je ne croise aucune femme. Je suis la seule au milieu de ces fourmis mâles qui fuient mon regard alors que j'essaie de lire dans le leur. Enfin, nous croisons un couple proche de la quarantaine. Monsieur et Madame "tout le monde". La femme me regarde bizarrement. Sans doute se sont-ils égarés pour se retrouver ici mais non ! Nous les recroisons un peu plus loin et la femme m'observe toujours droit dans les yeux.
Dans une rue plus large, un groupe de touristes japonais semblent amusés par les vitrines mais hésitent timidement à pénétrer dans la plus étroite ruelle du quartier, celle qui se termine en goulot et ou l'on marche à la queue leu-leu. Quelques japonais plus francs nous suivent, les autres restent là, immobiles, riant comme des enfants face à une découverte ; un rire troublé par une certaine crainte et un manque de confiance en soi.
Bien que cette ruelle ressemble à un coupe-gorge, nous ne sommes pas aux Etats-Unis et des caméras vidéo de la Police veillent à la bonne conduite des promeneurs, ce qui me rassure.
Les filles sont très jolies à cet endroit. Blondes pour la plupart, elles sont jeunes et leur corps on ne peut plus désirable. L'une d'elles attire mon attention et m'interpelle : "Hey, you two, come on !". Très souriante, elle a l'air bien sympathique mais la main dans celle de mon ptit chéri qui me devance, m'entraîne dans le mouvement de la vague humaine à la démarche assez rapide. Je n'ai que le temps de faire un sourire et un signe de la main à cette belle prostituée et quelques instants plus tard, nous sortons de cet entonnoir pour nous retrouver face aux canaux.
Il fait très froid et nous allons nous réchauffer dans un pub sympa autour d'une tasse de chocolat chaud.
" Tu es quand même grave de te sentir aussi à l'aise dans un quartier que la plupart trouvent glauque, ma chérie" me dit mon homme assez amusé. "Je sais mon amour mais tu connais ma curiosité et j'aimerais beaucoup en savoir plus encore... Si tu veux en choisir une, je serais assez tentée de pousser la porte...".
Malheureusement, le froid et le temps ont raison de nous et il nous faut repartir mais nous reviendrons quand il fera meilleur...
11/01/2006 à 21:48
question
es ce du vécu ou bien une histoire ?
Merci
12/01/2006 à 12:48
C'est du vécu !!!
Bises.
Miss Sexy.
13/01/2006 à 12:17
13/01/2006 à 13:07